En raccrochant le vélo, Laurent Jalabert a laissé un vide dans le cyclisme tricolore. La tâche s’annonce ardue pour ses successeurs : Christophe Moreau, Sylvain Chavanel, Nicolas Vogondy et Sandy Casar.
En Laurent Jalabert, jeune retraité de 32 ans, le cyclisme français a perdu davantage qu’un coureur. Il a perdu son chef de file, son plus grand représentant. Le Mazamétain est le seul Tricolore à avoir remporter un grand Tour, la Vuelta en 1995, depuis le Tour d’Italie de Laurent Fignon en 1989, et affiche un palmarès inégalé en France (138 victoires). Sans Jaja, la France se cherche donc un nouveau leader. Chez les coureurs déjà confirmés, il y a Richard Virenque, qui devrait se charger encore quelques années d’enflammer les foules au mois de juillet sur la Grande Boucle. Mais c’est surtout Christophe Moreau (Crédit Agricole) qui apparaît comme étant le mieux placé, du moins à cours terme, pour hisser haut les couleurs françaises.
Moreau le mieux placé
Le Belfortain, qui n’a curieusement connu Laurent Jalabert véritablement qu’à partir de 2000 et des JO de Sydney, parle d’un «ami, lorsqu’il évoque Jalabert. On aimerait tous finir de la même façon. Il aurait pu continuer encore un an ou deux ans, mais il a pris une décision. C’est un exemple à suivre pour tous les jeunes coureurs», a-t-il ajouté plein de respect pour l’ancien n°1 mondial. Cette même reconnaissance revient d’ailleurs dans la bouche de chacun au moment d’évoquer le champion. «Lorsqu’un coureur comme Jalabert se retire, ça laisse un grand vide. J’espère que les jeunes coureurs sauront s’engouffrer dans la brèche. Et prendront exemple sur lui», a confié Daniel Baal, vice-président de la société du Tour de France. La relève porte les noms de Nicolas Vogondy (FDJeux.com), champion de France, Sylvain Chavanel (Bonjour) ou encore Sandy Casar (FDJeux.com), deuxième de Paris-Nice cette année juste devant Jaja. Sans oublier Jimmy Casper, 6e à Zolder dimanche, et redoutable sprinter comme l’était le Mazamétain à ses débuts.
«Place aux autres»
Et bien que connaissant beaucoup moins bien Jalabert, coureur d’une autre génération, les «jeunes» n’oublient pas de saluer leur illustre aîné : «C’est une page qui se tourne pour le cyclisme, lance Nicolas Vogondy. Maintenant, c’est place aux autres. Pour le moment, mon palmarès n’a rien à voir avec le sien. Est-ce que je suis prêt à assurer la relève ? pas encore. Il faut que je gagne encore des courses. Mais avec le maillot de champion de France, je vais essayer de représenter la France au maximum, comme Jalabert a pu le faire». Un joli pari.